La Science Politique Et Le Néo-Institutionnalisme

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La science politique et le néo-institutionnalisme
Séminaire du 7-12-05

Introduction

Dans ce texte, il s'agit dans un premier temps de présenter d'une façon générale le néo-institutionnalisme en tant que courant de pensée afin de le situer plus ou moins dans son contexte d'apparition et notamment pour comprendre quel type d'approche il se propose d'être.

Dans un deuxième temps, il sera question de discuter des trois courants qui le composent, c'est-à-dire : l'institutionnalisme du choix rationnel, l'institutionnalisme historique et l'institutionnalisme sociologique. Ici, le texte sera structuré en deux parties selon les deux interrogations principales de l'analyse institutionnelle : quelle est la relation entre l'individu et les institutions ? Et, comment expliquer l'origine, la stabilité ou le changement des institutions ? La dernière interrogation comprendra aussi les critiques adressées aux différentes explications proposées du fait de leur nombre et de leur importance. Il s'agira en quelque sorte de mettre en confrontation les différents courants de l'institutionnalisme quant à leur manière de problématiser ces questions et d'y répondre. Ceci principalement dans le but de montrer les distinctions et les similarités de leurs propositions.

Le néo-institutionnalisme en tant que courant de pensée

Le néo-institutionnalisme apparaît comme nouveau courant de pensée en sciences sociales et politiques dans les années 80. Il naît avec la prétention de renouveler la problématique des institutions soulevée par une ancienne forme d'institutionnalisme, à laquelle le béhavioralisme avait reproché le caractère trop descriptif des études effectuées. Le néo-institutionnalisme propose une démarche innovante par rapport aux théories qui l'ont précédé : en partant du présupposé que l'Etat et la société s'influencent mutuellement, il pose les bases à une nouvelle approche voulant accorder un rôle essentiel aux institutions dans l'explication des phénomènes et processus sociopolitiques. L'Etat, pensé comme un complexe d'institutions, acquiert le statut de variable explicative : il est désormais considéré comme étant capable de structurer le comportement des individus et donc, à travers ces derniers, les situations politiques et sociales. Pour cette raison, le néo-institutionnalisme prend le contre-pied par rapport au behavioralisme qui soutenait que le social (les comportements) déterminait le politique. Avec un point de vue nouveau, le néo-institutionnalisme s'interroge sur des enjeux théoriques essentiels en science politique : la question de l'action, du rapport entre les acteurs et les institutions, et notamment sur les raisons de la stabilité ou du changement des institutions. En résulte que cette approche s'articule autour des trois niveaux de l'analyse sociologique (micro, meso, macro) bien que l'accent est surtout mis sur le rôle des institutions. On comprend dès lors qu'il est illusoire de croire que le néo-institutionnalisme est une théorie homogène, au contraire, il regroupe un ensemble de théories hétérogène que l'on classifie généralement selon ces trois courants de pensée : l'institutionnalisme du choix rationnel, l'institutionnalisme historique et l'institutionnalisme sociologique.

La relation entre les individus et les institutions

Chaque type d'approche institutionnaliste a sa propre manière de concevoir la relation entre les individus et les institutions.

L'institutionnalisme du choix rationnel analyse les actions des individus avec comme présupposé qu'elles sont rationnelles tout en considérant la variable institutionnelle. Ainsi, il se fonde sur les présupposés comportementaux individualistes classiques de la théorie du choix rationnel : chacun est un acteur qui a ses propres préférences et objectifs dont il cherche à maximiser la réalisation en adoptant un comportement stratégique, lequel est orienté par un calcul purement utilitaire. Dans cette conception de l'action, les institutions sont...